Tempête: Leçons à tirer d’une « catastrophe nationale»  annoncée

Tempête: Leçons à tirer d’une « catastrophe nationale»  annoncée

BlogBang La tempête Xynthia devient avec plus de 45 morts, l’une des tempêtes les plus meurtrières de ces dix dernières années. Les dégâts matériels sont énormes: des centaines de foyers inondés, un million de foyers privés d’électricité au plus fort de la tempête. Le gouvernement annonce que les arrêtés de catastrophe naturelle seront pris le plus rapidement possible. Le Président de la République se rendra sur place demain matin, le Premier ministre s’est exprimé parlant de « catastrophe nationale ». Pourtant ce qui choque ce soir, c’est le bilan humain. Médias et gouvernement s’en émeuvent. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a parlé sur BFM TV d’un bilan vraisemblablement compris « entre 45 et 50 morts» . La plupart en Vendée, ont été noyés par la montée des eaux.

Phénomène imprévisible ?

Ce fort phénomène météorologique était prévu depuis plusieurs jours par les modèles météo. La prévision notamment des tempêtes étant extrêmement difficiles, Météo-France a attendu jeudi soir pour commencer à communiquer sur l’événement. Dès vendredi soir, l’institut météorologique publiait un communiqué informant que le pays serait touché dans la nuit de samedi à dimanche par une forte tempête. Le communiqué est alors repris par l’ensemble des médias. Dès samedi 6H, Météo-France place les 3/4 des pays en vigilance orange. Et dès 16H, la Vienne, les Deux-Sèvres, la Vendée et la Charente maritime sont placés en vigilance rouge, le niveau maximal. Niveau rarement utilisé, marquant ainsi le niveau exceptionnel du phénomène attendu. Météo-France précisera dans ses bulletins de suivi que la tempête sera moins forte que celles de 1999. Sur la carte de vigilance (voir ci-dessus), il est précisé comme « prévisibles »  les débordements de cours d’eau et de submersion au bord de l’océan.

Caractère exceptionnel de ce phénomène de submersion qui s’explique par les vents violents, par les hauts coefficients de marées et par les très basses pressions de la perturbation.

Météo-France avait donc alerté du risque d’inondation. Comment expliquer alors qu’une tempête forte en terme de vent puisse noyer et tuer autant de personnes ?

Pourquoi le bord des mers n’avaient-il pas été évacués ?

Les préfectures avaient pourtant réuni des cellules de crise. Le phénomène de submersion rarement aussi fort a peut-être été sous-estimé. La capacité de résistance des digues a en tout cas été très insuffisant au vue des dégâts aujourd’hui.

Des leçons à tirer.

La population avait-elle été suffisamment informée ? Les journaux de 20H dès samedi soir, avait fait une large place à l’évènement. Sur France-Info, la tempête et l’alerte étaient mentionnés en deuxième position dans les journaux, la place fut plus largement laissée aux Jeux Olympiques d’hiver. Les réseaux locaux de France Bleu qui diffusaient le même programme national auraient peut être dû prévoir des programmes spéciaux.

Le gouvernement aurait-il dû réunir dès hier soir une cellule de crise à Matignon ou au Place Beauvau pour suivre minute par minute l’évolution de la situation ? Quatre départements étaient en vigilance rouge, niveau rarement atteint marquant le caractère exceptionnel.

Faudra t’il prévoir dans les années qui viennent des plans d’évacuation en cas de fort phénomène côtier ?

Toutes ces questions méritent d’être réfléchies dans les prochains jours, car ce genre de phénomène, même rare, ne devrait pas dans un pays comme la France coûtait autant de vies humaines.

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